Johanna Gleise, romancière

Route (vue sur l'Estrop depuis le Brusquet)

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Elles commencent à être nombreuses, ces écrivaines, qui se sont installées dans ce coin de la France, entre les Alpes et la Provence, à l’abri du vacarme et de la vitesse vertigineuse de notre monde hypermoderne, pour concevoir leurs romans, essais, pièces de théâtre ou encore écrits politiques…

Sans les citer toutes, l’on compte parmi elles, dans le désordre, Maria Borrely, Emilie Carles, Alexandra David-Neel (pour les plus anciennes) ou Caroline Comte, Elisabeth Martinez Bruncher et Catherine Poulain (pour les plus contemporaines).

Sous la variété de leur plume, se trouve un point commun : l’expression de fortes voire de très fortes personnalités, marquées par des expériences de vie, des visions et des engagements affirmés et assumés dans la société de leur temps. Cette intensité est sans conteste le point de départ et le prétexte de leurs œuvres, comme une sorte de trait de caractère, puissamment naturel et authentique, semblable à la Haute Provence.

Quel que soit le devenir de leur écriture, fiction ou essai (quoique les frontières sont souvent poreuses avec elles) la narration de ces auteures puise toujours dans l’expérience personnelle et s’imprègne irrémédiablement de l’environnement montagnard et provençal, souvent matière première et cadre idoine de leur récit ; récit qui ne se laisse jamais enfermer dans un quelconque folklorisme ou régionalisme (ce qui n’est pas le cas de leurs compères masculins…).

Une jeune romancière

Johanna Gleise

Johanna Gleise e dédicace

Parmi ces écrivaines installées dans les Alpes de Haute Provence, il y a Johanna Gleise, sans doute aujourd’hui la plus jeune de ces romancières et auteures. Native de Digne les bains à la toute fin du précédent millénaire, elle poursuit des études de philosophie à Aix-en-Provence où elle se passionne pour les penseurs grecs comme Epicure ou Pythagore. En parallèle, elle travaille durant plusieurs saisons en montagne, au refuge de l’Estrop aux côtés du tenancier Olivier Reynaud, avant de publier ses romans en  auto-édition. Johanna affirme d’ailleurs volontiers tenir à cette indépendance.

Un tel parcours de jeunesse témoigne du caractère et de la motivation. Quel point commun entre montagne, philosophie et écriture ? L’exploration, sans aucun doute, tant intérieure – la philosophie – qu’extérieure – la montagne. L’écriture étant le fil d’Ariane qui relie un monde à l’autre. En cela, Johanna Gleise marche sur les traces d’Alexandra David Neel, qui, elle aussi, aventurière toute sa vie, vivait de semblables centres d’intérêts : l’exploration tibétaine et l’orientalisme, la philosophie politique et l’écriture. L’exploration est un puissant moteur de vie, porteur d’imagination, de découverte, de rencontre, de connaissance, de vérité et… de liberté surtout.

Forte de ces valeurs, Johanna Gleise écrit (pour l’instant) des fictions. Des fictions qui ne sont pas si éloignées de la réalité qui nous entoure, puisant même dans notre société actuelle des éléments pour sa trame narrative. A 26 ans, avec Les encerclés et Carpe Noctem, les deux premiers tomes d’une trilogie, l’auteure installe l’histoire de son roman dans l’époque présente, voire qui advient.

La société tout entière est alors clairement en crise. Trop de contradictions la font craquer de toute part. La société doit changer si elle ne veut pas disparaître. Certaines forces s’organisent pour cela pendant que d’autres s’y opposent. Des résistances opposées se figent et les personnages du roman vont avoir à évoluer dans un drame pré-apocalyptique de plus en plus violent.

Ainsi, elle met en scène des personnages qui entrent en lutte contre cette société (principalement capitaliste, sauvage et gaspilleuse) et qui veulent la transformer durablement, mais surtout radicalement. Et à travers leur engagement, se posent les questions de la légitimité de l’action, du sens, du devoir, du courage voire du sacrifice, de la liberté ou même de la dignité.

Carpe Noctem

« Je me suis dit que si Stephen King pouvait situer ses histoires folles dans des patelins perdus du Maine que personne ne connaît, alors pourquoi les patelins perdus d’ici, que personne ne connaît, ne pourraient pas aussi être le décor de mes histoires folles ! ». Johanna Gleise.

Couverture Carpe Noctem 4 ieme de couv CARPE NOCTEMCarpe Noctem, 2018, auto-édition. Deuxième roman de Johanna Gleise.

Alors que l’histoire du premier tome se déroule dans la ville de Marseille principalement, le second s’installe en Haute Provence, à Digne et ses environs : le massif de l’Estrop, la vallée de la Blanche ou encore Sainte-Croix du Verdon et Sisteron sont autant de lieux que traverse le roman. Cette terre, contrastée au demeurant, est le théâtre d’une lutte de plus en plus acharnée pour la liberté. Tour à tour, elle protège les personnages ou bien les expose aux plus grands dangers, tant et si bien que l’on a le sentiment que ces paysages, ces lieux, ont une âme, une conscience, et sont mêmes l’arbitre d’enjeux qui dépassent, en définitive, les personnages.

Carte du roman Carpe Noctem

Carte géographique du roman Carpe Noctem

Tout comme on a envie, bien souvent, d’en apprendre plus sur les personnages d’un roman, comprendre et découvrir leur personnalité et leur psychologie, nous avons demandé à Johanna Gleise de nous parler également des paysages du second roman, Carpe Noctem, et de découvrir à travers l’auteur, la nature dans laquelle s’installe la suite du roman.

Interview —————————————–

Ange Wiseman : Johanna, quel est le point de départ de ce deuxième roman ? Du point de vue personnel et du point de vue narratif ?

Johanna Gleise : Je dirais que ce roman démarre déjà d’une envie de prolonger les aventures du premier tome, car « Les Encerclés » m’avait laissée un peu sur ma « fin », je sentais qu’il y avait encore beaucoup à faire avec ces personnages qui entraient juste dans la vie adulte. J’avais envie de pousser les choses plus loin, de poursuivre leurs histoires, créer une évolution, mais aussi de développer les questions politiques et de décaler l’action du roman dans les Alpes de Haute Provence (ce que le premier tome laissait déjà présager puisqu’il se terminait à Prads Haute Bléone).

Mais l’idée de faire une simple suite ne m’enflammait pas vraiment, je voulais plutôt créer un tout nouveau roman, une histoire à part entière, un nouvel univers. Ce roman, tout en étant la suite du premier, devait pouvoir se lire indépendamment du premier (aussi pour sortir de la logique de série et ne pas contraindre les lecteurs à lire forcément dans l’ordre). J’ai donc créé un nouveau personnage narrateur, ce qui a permis de changer de point de vue et donc de repartir de zéro. Voilà pour le point de départ en ce qui concerne la création du livre.

En ce qui concerne le contenu, le point de départ vient bien de l’envie de pousser les éléments du premier livre plus loin, tant au niveau de l’intrigue et des personnages que des réflexions politiques. Je voulais un roman plus engagé, plus politique, plus percutant, plus fort dans les actions aussi (donc plus violent, plus adulte) ; et présenter les principes anarchistes de façon digeste grâce à la fiction.

Ange Wiseman : Quel est le thème central ? L’amour, la passion, la révolution ? (des notions qui transportent soit dit en passant). Pour aller où ?

Johanna Gleise : Evidemment l’anarchisme reste présent comme toile de réflexion et ligne d’engagement politique de fond, mais avant ça, je présente en général ce roman, comme le premier, avec deux thèmes principaux : la révolte et la fureur de vivre. Pour moi, c’est le mélange de ces deux éléments qui donne l’identité de toute la trilogie. On a affaire à des personnages qui vont entrer en révolte (d’où la présence des idéaux anarchistes) et vont éprouver d’une manière ou d’une autre cette fameuse fureur de vivre. C’est d’ailleurs un peu ce que j’ai voulu exprimer dans le chapitre qui s’appelle « Carpe Noctem » quand pour décrire ce concept, la narratrice dit : « c’est la fureur de vivre au service d’un idéal ».

Ange Wiseman : Quels sont les éléments qui ont inspirés ce projet ?

Johanna Gleise : Je ne sais pas trop ce que vous entendez par « éléments », mais pour ce qui est des sources d’inspirations, elles sont prises dans les ressentis du quotidien et les rencontres, dans le travail, dans l’observation de notre société, de ce qui se passe, des gens, etc. Mes sources d’inspiration, en tout cas pour cette trilogie, sont bien plus souvent humaines/sociétales que physiques/naturelles. Après, pour ce projet, je me suis nourri évidemment de recherches, d’approfondissements autour des thèmes politiques abordés, et d’éléments historiques: Carpe Noctem a été pas mal inspiré par la période de la Résistance, comme on le sent en lisant le livre, et d’ailleurs certaines actions du livre ont été carrément inspirées par des événements historiques locaux. Cette envie d’insuffler cette ambiance à un roman qui tend pourtant plus vers l’anticipation a été aussi amenée par l’envie d’intégrer vraiment le roman dans notre territoire.

La montagne-refuge

« La montagne est liée au dépassement de soi et à la solidarité, valeurs qu’on retrouve chez les Encerclés dans le livre ». Johanna Gleise.

Massif de l'Estrop

Le massif de l’Estrop, vu depuis le refuge. © Samuel Lefèvre.

Ange Wiseman : La Haute Provence est le théâtre dans lequel s’installe votre roman. Le Massif de l’Estrop, en particulier, semble beaucoup plus qu’un décor… j’ai envie de dire, qu’il est le complice actif des héros et héroïnes du roman. D’où lui vient ce rôle ? Comme si la nature (cette nature) avait un rôle tant dans l’élaboration du roman que dans le message qu’il porte… Vrai ?

Johanna Gleise : C’est quelque chose qui me tenait à coeur depuis la fin des « Encerclés » : voir les personnages devenir adultes et les faire débarquer dans les Alpes de Haute Provence a été un moteur de motivation très fort pour créer « Carpe Noctem ». Autrefois, plus jeune, je n’imaginais pas situer mes romans dans l’espace local, d’ailleurs même les « Encerclés » au départ n’avait pas été conçu pour se passer à Marseille. Puis je me suis dit qu’étant moi-même très attachée à mon pays, c’était dommage de ne pas y situer mes romans, histoire de changer un peu des fictions qui se passent toujours dans les mêmes grandes villes.

Je me suis dit que si Stephen King pouvait situer ses histoires folles dans des patelins perdus du Maine que personne ne connaît, alors pourquoi les patelins perdus d’ici, que personne ne connaît, ne pourraient pas aussi être le décor de mes histoires folles ! Et j’ai au fond le désir fort de donner envie aux gens de venir dans le coin. D’ailleurs ceux qui ont lu Carpe Noctem sans connaître notre région ont été intrigués !

Je regrette un peu que la plupart des romans locaux restent « régionalistes » et ne s’aventurent pas plus loin dans la fiction et l’imaginaire. Même dans les polars, on retrouve trop souvent ces bonnes vieilles ambiances de la Provence, le bâti traditionnel, les histoires de village, le soleil de nos campagnes etc. C’est d’ailleurs cet aspect qui me fait un peu fuir les lectures locales. Je voulais absolument sortir de ces ambiances et mettre en scène le département, oui, mais sous un autre œil, un œil de thriller, de roman d’action, de révoltés, de jeunesse aussi. D’ailleurs quelques lecteurs et amoureux aussi du territoire ont été interloqués et m’ont fait la réflexion : « ça fait plaisir de lire un livre qui se passe ici mais on ne sent pas les ambiances de la Provence, les traditions du pays, etc. »…. Ce à quoi j’ai souvent répondu : « ouf, tant mieux! »

Car il n’y a pas de monopole d’amour du territoire, moi aussi je suis amoureuse de notre pays, mais j’ai voulu le représenter à ma façon, et dans un contexte fictif qui ne lui a pas été si souvent lié je crois. Quel bonheur pour moi, en tant qu’écrivaine, de placer mon roman d’action ici, de faire situer des courses-poursuites dans les clues de Barles et des scènes de révolution en plein milieu de Digne !!

Paysage de montagne dans la Vallée de la Blanche

Paysage de montagnes de la Vallée de la Blanche. © Samuel Lefèvre.

La montagne est plus qu’un décor dans ce roman, c’est toute une ambiance à part entière. Elle est liée à ces atmosphères de la Résistance dont je me suis beaucoup inspirée, les maquis planqués dans les endroits perdus, l’isolement, la nécessité de maîtriser le terrain, la connaissance du territoire, la survie, le milieu hostile, etc. La montagne est liée au dépassement de soi et à la solidarité, valeurs qu’on retrouve chez les Encerclés dans le livre.

Elle représente encore le milieu sauvage dans son ensemble (la notion de sauvage revient sans arrêt dans le livre). Ce milieu sauvage sert en général de refuge aux personnages. Effectivement je ne pouvais pas écrire ce livre sans situer l’action autour du massif de l’Estrop où j’ai vécu six étés en travaillant au refuge. C’est d’ailleurs cette expérience de vie et de travail en montagne, là-bas, qui m’a inspirée pour les valeurs des Encerclés et les ambiances de leur vie isolée.

J’avais hésité à situer le maquis principal des personnages là-bas directement mais j’y ai trop d’émotions personnelles ancrées, et je souhaitais un lieu inspiré des mêmes éléments mais avec lequel j’avais plus de détachement, ce qui est nécessaire pour moi dans le processus de création. Malgré tout ce massif reste présent tout au long du roman, souvent sous forme de forteresse, de havre protecteur.

Exploratrice par nature

Faites d’une pierre deux coups. Munissez vous du livre et préparez votre sac à dos. On se laisse emporter par Johanna Gleise dans la découverte de la Haute Provence. L’expérience de la lecture renforce la consistance de l’émotion que procurent ces paysages. Ce qui suit est une invitation à découvrir les lieux du roman.

Johanna Gleise : voici quelques lieux représentés dans le roman qui pourraient appeler les curieux à faire un tour, à découvrir ces endroits, ou les redécouvrir sous un nouvel angle !

Le massif de l’Estrop (évidemment) avec un passage obligé par son refuge tenu par Olivier ! Si vous êtes chanceux, il vous indiquera peut-être où trouver la cabane secrète qui m’a inspiré l’abri du Vieux Loup [personnage du roman NDRL]. Il y a bien eu des Résistants par là-bas, d’ailleurs le livre d’or historique de la tête de l’Estrop (sommet à 2961m) qui est maintenant gardé au refuge, nous montre qu’en 1943 un jeune réfractaire au Service du Travail Obligatoire (S.T.O.) y avait passé un certain temps. Il y écrivait lui-même « me ravitaille. Gare au condé. Chaque tire fait mouche. » Une autre façon de voir la montagne !

– L’ancien maquis des Traverses Hautes : c’est celui qui a inspiré la Tanière, endroit clé du roman, accessible à pied par la piste depuis Beaujeu. On notera d’ailleurs qu’il y a vraiment eu un incendie au-dessus de cette zone il y a deux ou trois ans, et qu’en faisant brûler la forêt au-dessus de la Tanière dans mon roman, je me suis amusée à croiser la fiction et le réel.

– La vallée du Bès et les clues de Barles : pour son côté sauvage, secret, ses surprises sur le chemin (cascades, curiosités géologiques, balades)… et pour voir les clues et s’imaginer ce que serait une embuscade dans cet endroit, comme l’action du roman. Cette route me rappelle combien la maîtrise du territoire est importante dans toutes les guérillas rurales. Un simple éboulement peut isoler toute une vallée ou contraindre son accès à plusieurs dizaines de kilomètres de détour.

– La balade des Trois chapelles : c’est la chapelle du milieu qui a inspiré le chapitre « ruines » où Sélène retrouve son ami Gaspard un soir de pleine lune.

Digne les bains évidemment, son centre-ville avec notamment le quartier autour de la prison. J’aime beaucoup ces petites rues tantôt provençales tantôt lugubres, où se situe dans le roman le maquis urbain surnommé « le Squat ».

Le Verdon. Lieu déjà hautement touristique, c’est vrai, mais présent dans le livre pour un enchaînement des scènes parmi les plus violentes du roman. Façon un peu originale d’appréhender cet endroit ! Mais en effet, pourquoi ne pas remonter un peu les gorges en canoë et s’imaginer qu’on pourrait y disparaître facilement, à la manière des personnages qui s’enfuient par là pour remonter au col d’Illoire et rejoindre Aiguines (où ils se feront finalement coincer) ! Un petit passage dans le Verdon serait d’ailleurs l’occasion de venir me rencontrer en personne puisque je travaille sur le marché de Riez tous les mercredis et samedis !

Vue sur l'entrée des Gorges du Verdon

Vue sur l’entrée des Gorges du Verdon. © Samuel Levèvre.

La vallée de la Blanche. Là aussi l’occasion de me rencontrer puisque j’y habite et suis sur le marché de Seyne en été. Vallée de grande inspiration aussi qui m’a poussée à placer là un deuxième maquis stratégique, la Grange, où les personnages finiront par se replier. On peut aller dans cette vallée en suivant la route du Bès ou bien en prenant la plus classique, qui nous fera passer par le col du Labouret, où j’ai situé la fameuse auberge de Mme L [personnage du roman NDRL], totalement fictive. Mais pourquoi pas, en bas dans le hameau, en lisière de forêt, à l’amorce du col ou carrément au col ? Je laisse le lecteur-promeneur se faire son idée sur la position de l’auberge !

Les gorges de la Blanche : là aussi lieu d’action dans le livre, route inspirante pour tout maquisard dont ces petites routes sinueuses et piégeuses sont les meilleurs alliées! A arpenter tout doucement en voiture avec le petit frisson propre aux routes de gorges escarpées, surtout en hiver !

La vallée de la Durance : le visiteur qui vient du sud, côté Bouches-du-Rhône ou Vaucluse,  sera forcément amené à y passer. J’ai aimé y situer des scènes car c’est la porte d’entrée principale dans les Alpes de Haute Provence. D’ailleurs dès le pont de Mirabeau on aperçoit de la route le massif de l’Estrop, qui annonce au loin l’arrivée du sudiste dans les terres sauvages des premières Alpes. Pourquoi ne pas abandonner l’autoroute aux gens pressés et prendre plutôt la départementale qui mène à Oraison? On pourra passer à côté de la centrale de Cadarache, lieu de grande inspiration dont on aperçoit surtout les clôtures en barbelés, puis prendre de la hauteur avec cette petite route qui monte à un plateau parsemé d’oliviers qui domine la vallée.

– Le pays de Forcalquier : il faut aller y faire un tour car c’est le pays de Claudine [personnage du roman NDRL] dans le livre, qui représente le côté culturel, raisonné, pacifiste, de la révolte !

 

Pour aller plus loin

Nous vous conseillons vigoureusement de visiter le site de l’auteure, de vous inscrire à sa newsletter et de suivre les avancées du prochain roman.

http://johannagleise.fr/

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